
La Lettre tue
Auteure: Philippe Met
Nombre de pages: 268Le fantastique, l’a-t-on assez dit, serait de tout temps affaire de spéculation inventive et d’imagination luxuriante, de visions horrifiantes d’une improbable surnature et de figurations fuligineuses d’un intime irreprésentable, seules à même de générer un sentiment d’envoûtement mêlé d’effroi. C’est ce présupposé en forme de poncif critique que la présente étude voudrait, sinon remettre en cause, tout au moins interroger et pondérer par une poétique dite « lettrale » passant le champ concerné au(x) spectre(s) de la lettre. Car, contrairement à ce que tendent à laisser penser des kyrielles d’adaptation cinématographiques (dont certaines au demeurant admirables), les récits fondateurs du genre (Frankenstein, Dr. Jekyll & Mr. Hyde, Dracula) sont d’abord et surtout - et ce n’est pas un hasard - d’imposants dispositifs textuels laissant proliférer la lettre et l’écrit dans tous ses états, fût-ce à la faveur d’épiphanies délétères, voire mortifères. En définitive, ce n’est rien de moins qu’une certaine performativité de la lettre fantastique que l’on s’attachera à mettre en lumière, à partir d’un corpus...